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Yonel lebovici, la rencontre
Nous avons rencontré Yonel Lebovici sur les puces de Saint-Ouen à paris et nous nous sommes liés d’amitié. Nous aimions ses œuvres, elles étaient chères et inaccessibles ! Dix ans plus tard, nous étions en train de négocier des pièces mythiques de Jean Royère … Quand nous découvrons un trésor : 11 pièces de Yonel Lebovici.
Quelques temps plus tard, départ en vacances à Saint-Barth. Et là sur la plage, l’illumination. Le travail et l’oeuvre de Yonel deviennent notre obnubilation. Nous négocions l’achat de 11 pièces après moulte difficultés et sacrifices.
Par la suite, nous faisons des offres à toutes les grandes galeries internationales pour acquérir d’autres pièces, toutes en possédant au moins une.
Nous nous rapprochons de la famille Lebovici pour nous aider dans nos recherches. Nous envisageons de faire un grand salon parisien et international pour faire connaître cet extraordinaire travail…
Ensuite, plus tard, un homme passionné des œuvres de Yonel et un de ses amis personnels, est au point de faire un fonds permanent dans un immeuble de Mallet-Stevens et ancien atelier du maître verrier Barillet, 15 square de Vergennes à Paris. Celui-ci nous propose de nous acheter notre collection. Nous le faisons mais après, grand vide dans notre tête… plus de rêve… plus d’œuvres… Dans la semaine, nous réactivons nos contacts internationaux à la recherche de nouvelles pièces.
De 2004 à 2007 : Jardin des Tuileries, nous présentons 33 pièces exceptionnelles.
2007 : Nous présentons à New York, chez nos amis Benoît et Gérard, Maison Gérard Ltd, notre collection personnelle regroupant 60 pièces exceptionnelles, ainsi que d’autres ayant appartenu personnellement à l’artiste, ce qui nous a demandé une énergie incroyable.
Novembre 2009 : Jacques Lacoste, un ami fidèle, nous propose de présenter les œuvres de Yonel Lebovici. Nous tenons à le remercier de nous avoir accueillis dans cet écrin extraordinnaire pour les œuvres de Yonel.
Qui est Yonel Lebovici (1934-1998) ?
Parmi les artistes attachés à l’objet détourné, Yonel Lebovici apparaît comme l’un des plus inspirés. Tout au long de sa carrière, depuis les années 60 jusqu’aux années 90, extrayant les objets de leur banalité, il leur assigna des fonctions surprenantes et créa d’étranges « sculptures utiles », véritables métaphores visuelles : un trombone qui éclaire, une pince à papier transformée en siège… Il nous dévoila la beauté insoupçonnée des choses les plus habituelles par des créations démesurées, d’une exécution technique parfaite, à la frontière de la sculpture et du design.
Un parcours éclairant
Né à Paris en 1937, d’un père d’origine roumaine et d’une mère bretonne, Yonel Lebovici cultive dès son adolescence un goût pour les objets chinés, pour les morceaux de bois ramassés sur la plage. Plus tard, il mène parallèlement des études scientifiques et une formation artistique : après avoir reçu un diplôme d’aéronautique, il suit des cours de dessin à la Grande Chaumière à Paris et entre à l’École des Arts appliqués ; il achève ses études à l’École des Arts et Métiers. Cette formation pluridisciplinaire laissera une empreinte durable sur son œuvre, sous-tendue par une réflexion scientifique sur des sujets tels que la lumière et le mouvement perpétuel.
En 1959, employé dans une société d’aéronautique, Yonel Lebovici manipule les métaux légers et acquiert une connaissance précise des matériaux utilisés dans l’industrie de pointe. Il gardera de cette expérience le sens de la perfection technique et de la beauté formelle des objets industriels. Mais lassé par l’organisation trop tayloriste de l’entreprise, il démissionne pour s’adonner à sa passion : la sculpture. Les artistes qu’il admire sont « Takis, Tinguely, Calder et Léger, tous ces artistes qui ont créé le mouvement ».
Ses pièces-phares
- La Satellite (1969) : sa première sculpture lumineuse en plexiglass, est placée pendant un an aux côtés d’une speakerine sur un plateau de télévision : son souhait de faire entrer l’art dans le quotidien de chacun est réalisé.
- Les Araignées (1971) : ses premiers luminaires basse-tension sans fil.
- Les Phototaxies (1984) : exposées chez Erco ; la lumière est modulée grâce à des tôles d’acier perforées aux formes géométriques.
- La Bibliothèque lumineuse (1974, Paris, musée des Arts Décoratifs) : en verre et acier.
- Les Soucoupes lumineuses (1978) : réalisées en aluminium, un métal dont il perfectionne la finition ; elles séduisent Pierre Cardin, devenu l’un de ses collectionneurs les plus assidus.
- Les Yeux sans visage (1981) : sculpture quasi immatérielle.
- L’Invisible (1984) : chevalet en verre qui s’efface derrière un tableau.
- Les Codes à barres (1990) : sculptures d’aluminium sublimées par la lumière.
- Les Flotteurs (1990) : érigés comme des totems contemporains
- Le Topniveau : instrument de constructeur, trahissant les ambitions perfectionnistes du monde moderne.
Yonel Lebovici meurt en 1998, à l’âge de 65 ans. Son œuvre continue d’interroger le problème des apparences trompeuses, du sens caché des choses. Avec une grande désinvolture et une liberté de moyens remarquable, ses objets-sculptures nous invitent toujours à dépasser les évidences.
Bibliographie :
Michèle Chartier, Yonel Lebovici Sculpteur de haut niveau, Éditions Stein Ouaki, Paris, 1995
Catalogue d’exposition Yonel Lebovici 1937 – 1998, Paris, Squarre de Vergennes, 2003
Catalogue d’exposition Yonel Lebovici, works from the collection of Marie & Cyril Grizot, New York, Maison Gerard Ldt, 2007
Un peu partout dans les Puces de Paris Saint-Ouen : rues,
Cambo,
Malassis,
Antica,
Rosiers,
Usine,
Passage,
Paul Bert,
Serpette,
Biron,
Dauphine,
Vernaison,
l’Entrepôt,
Jules Vallès, etc….
les jours et horaires d’ouverture
du marché aux puces de Saint-Ouen :
samedi 9h à 18h
dimanche 10h à 18h
lundi 11h à 17h